Découvrez le métier de Dog walker avec Clémentine

Clémentine a 31 ans, elle est dog walker depuis 5 ans. En 2020, elle a décidé de promener les chiens à bord de son vélo cargo rebaptisé "la meute en diligence".
Salut Clémentine ! Tu fais quoi dans la vie ?

J’exerce le métier de Promeneur depuis 5 ans à Paris ! Au début j’étais un peu en voiture, puis à pieds… Depuis 1 an, je me suis lancée à vélo, avec mon cargo. Je promène les petits et moyens chiens du centre de Paris au Bois de Vincennes. 


Est-ce que tu peux nous raconter ton parcours ? 

Je suis née en Bourgogne. Mon père était éleveur bovin, j’ai toujours eu ce contact avec la nature et les animaux. Ça m’a apporté une fibre, une logique aux côtés des animaux. Être à leur contact dès petite, ça m’a permis d’adopter un langage commun. J’ai travaillé avec les chevaux, j’étais enseignante. Ensuite je me suis lancée dans une école de théâtre à Paris. C’est à ce moment là que j’ai cherché ce qui pouvait me plaire, ce qui pouvait m’aider à supporter la vie en ville. Très vite j’ai compris :  les animaux. Je me suis baladé, et j’ai rencontré l’un des premiers dog walker, qui exerçait depuis des années, comme à New York. On le croise souvent près des Tuileries avec une meute de chiens. Il m’a donné envie de faire ça, en job alimentaire. J’ai commencé avec une plateforme de mise en relation pour tester, avec un ou deux chiens. Ce genre de plateforme te pose 3 questions, mais ne te demande pas de connaissance spécifique liée à l’animal. Moi j’avais envie de me former aux comportements des animaux. Le métier de Promeneur nous amène à entrevoir leurs différents caractères, nous met dans des situations stressantes que l’on a pas anticipé, comme les bagarres par exemple.. Ce genre de situations appelle à une formation plus approfondie ! J'ai passé le Brevet d’Etat d’Éducateur Canin. J’ai trouvé l’examen d’entrée assez pointu. Ils vérifient qu’on a un vrai projet, qu’il ne s’agit pas juste une lubie. C’est vrai que ce métier est une activité non réglementée qui intéresse beaucoup aujourd’hui. On trouve beaucoup de formations en ligne. C’est pas forcément suffisant à mon sens. En parallèle de la théorie, j’ai passé beaucoup d’heures avec mon mentor Promeneur rencontré aux Tuileries ! Dans l’observation on apprend énormément. Pour moi, les deux sont indissociables.

En quoi consiste ton métier aujourd’hui ?

Au départ, beaucoup de gens m’ont contactée pour des séances d’éducation et ça s’est transformé en promenade car de nombreuses problématiques étaient liées au manque d’exercice du chien. On peut difficilement travailler sur les problématiques si les besoins de dépense ne sont pas comblés. Le chien a des besoins sociaux et sportifs avant tout. 

Je me définis comme promeneuse, même si j’effectue un travail d’éducation sur chaque chien. À la fin de la balade, on fait un débrief avec le propriétaire et on évoque les soucis. Ça fait partie du « package promenade ». C’est un travail très physique (j’ai choisi d’être en vélo) donc je me focalise sur cette activité de promenade. Je n’ai pas en ce moment l’énergie d’aller à domicile pour faire des séances éducatives. Les promenades me permettent déjà de travailler différents sujets. 

Exercer à Paris, c’est pas trop compliqué ?

C’est marrant, déjà il y a pas mal d’idées reçues sur le fait d’avoir un chien à Paris. On pense que les animaux sont plus heureux en Province, à la campagne. Mais parfois à la campagne, ils restent seuls toute la journée sous prétexte qu’ils ont un jardin. Ils ne sont pas stimulés. Leurs besoins ne sont pas comblés. Quand on choisit d’avoir un chien à Paris, on est prêt à s’investir, et pourtant, on a pas la possibilité d’adopter en refuge ! On est « discriminé » d’une certaine manière parce qu’on vit en ville. 

Quand je rentre de 2h de balades avec les chiens au Bois ils se sont dépensé, ils ont eu un contact social, et je vous assure qu’une fois à la maison, ils ne bougent plus ! Peu importe leur espace pour dormir, ils ont eu tout ce dont ils avaient besoin. C’est comme ça pour mon chien, et c’est pareil pour les propriétaires de mes chiens. 

Pourquoi le choix du vélo ?

J’ai vu un promeneur en vélo dans Paris il y a quelques temps, et j’avoue je l’ai un peu copié ! J’ai trouvé ça génial. Donc j’ai acheté un vélo cargo pour pouvoir y mettre les chiens. Au début j’avais du mal à évaluer combien de chiens j’allais pouvoir prendre par jour. Je ne voulais pas prendre plus de 10 chiens pour des raisons éthiques et physiques. J’ai beaucoup de petits et moyens chiens. Finalement je ne prends plus que ceux là parce que c’est trop difficile de pédaler avec des chiens de 35kg. On subit beaucoup l’état émotionnel de chaque chien, la circulation, la météo… le trajet Aller est sport. Les chiens sont comme des cocotes minute, ils ont emmagasiné plein d’énergie, ils sont comme des fous ! Ils savent qu’ils vont en forêt. Tous leurs sens en éveil. Le retour est plus calme en général (rires) ! 

Le fait d’être en vélo a contribué aussi à me faire connaitre. Forcément, je ne passe pas inaperçue avec la meute. Je suis visible dans Paris. Les gens viennent échanger directement avec moi, ou sur instagram. Ça crée du bouche à oreille. Du coup ma clientèle s’est faite très rapidement. On a parlé de moi dans les cani-parcs, etc..



Est-ce que tu envisages de t’agrandir ?

Non ! J’aime bien ce format là. C’est plus simple pour moi d’être à mon compte. J’aime la liberté que ça me procure. Je n'ai pas envie de m’associer, ou d’embaucher. 


À quoi ressemble ta journée type ? 

Ma journée commence à pieds, je récupère des chiens dans mon quartier avant d’aller à mon garage. Je commence vers 9h30, 10h. J’arrive à mon vélo à 10h. Je récupère les autres chiens. On arrive au bois à 11h15. Puis je reste de 11h15 à 14h en forêt. Quand il fait beau, je joue les prolongations. Au départ c’était 1h en forêt, maintenant c’est plus. Ensuite on rentre, tranquillement. 

Comme je suis en vélo, je ne peux pas récupérer les trousseaux de clefs de chaque personne pour aller remettre les chiens chez eux. Donc je bosse beaucoup avec des indépendants, des gens qui ont des boutiques. Ce qui me permet de ramener les chiens sur les lieux de travail, etc… Normalement les promeneurs ont un trousseau de clefs gigantesque : ils récupèrent les chiens chez les gens et les ramènent ensuite. Certains sont en voiture et attendent longtemps à l’intérieur avant de rentrer. Mon système à moi, c’est du cas par cas. Et l’avantage, c’est qu’ils sont tout le temps dehors !

 

Quels sont les problèmes que tu rencontres chez les chiens que tu as eu en consultations, ou maintenant en balade ?

Dans les soucis courants, il y a la destruction d’objets, souvent parce qu’il y a de l’ennui… Il y a des soucis de solitude, quand les chiens ont du mal avec le fait de rester seuls. Parfois c’est des problèmes de socialisation, d’entente avec les congénères. Ça peut aussi aller vers de la surprotection de leur maitre, ou alors des chiens pas propres… Il existe aussi des chiens agressifs.

Je remarque que les gens ont du mal à trouver le juste milieu avec leur animal. Certains chiens sont comme des enfants gâtés ! Les maîtres peuvent se retrouver dans des situations qui désharmonisent la relation avec leur chien. Quand les chiens sont en meute, c’est très hiérarchisé entre eux. Et le promeneur doit être à la tête de cette meute ! Nous les humains on se laisse happer par nos émotions. Les chiens sont sincères, beaucoup plus constants que nous. Il n’y a pas de rancoeur de leur coté. Pour les promener il faut avoir ce même type de comportement. Quand ça va pas on réajuste, mais après on passe à autre chose.


On a beaucoup de choses à apprendre d'eux, finalement...

C’est dans l’observation des animaux qu’on apprend leur fonctionnement et qu’on s’en inspire aussi. Mes journées je les passe en fonctionnant comme un chien. C’est plus primaire, plus basique. Mais en même temps plus spontané, et ça rend plus heureux. On est dans le moment présent, il y a moins de complications. Je suis bien avec eux pour ça. On ne s’en rend pas compte, mais on leur demande beaucoup de choses : ils doivent vivre dans leur monde ET dans le monde des humains. Et ils gèrent plutôt bien. Il y a peu d’humains qui savent s’adapter à eux.

Une relation Homme-Chien est fondée sur le respect mutuel. Il faut parfois plus de temps avec certains qu’avec d’autres. Il ne faut pas être trop confiant. C’est une grosse responsabilité de garder le chien de quelqu’un d’autre ! Heureusement que j’ai pu longtemps observer avant de me lancer. Et puis ensuite, on apprend de ses erreurs. On en apprend tous les jours !


À quelles problématiques es-tu toi confrontée aujourd’hui? 

Les réglementions à Paris sont complexes :  on ne peut avoir son chien attaché nulle part. Les chiens ne sont pas autorisés dans la plupart des squares. Pourtant, enfermer 50 chiens dans un mini cani parc, ça n’a aucun sens. 

Au bois de Vincennes aussi, ça devient compliqué :  il y a eu des plaintes, parce que certains promeneurs ne gèrent pas leurs chiens. Les riverains ont peur, n’ont pas envie de croiser des chiens en liberté… En effet, il faut des connaissances spécifiques pour gérer tous ces chiens, et ceux qui ne les ont pas nous font du tort d’une certaine manière.

Souvent, les médias montrent notre métier comme un job accessible, dans lequel on peut bien gagner sa vie rapidement. Mais ils ne parlent jamais de toutes les qualités que cela requiert ! Concentration, énergie, compétences… Aller en foret balader 10 chiens, je ne pense pas que tout le monde puisse le faire. C’est un métier qui se moque des intempéries. Il faut aimer être dehors par tous les temps ! Moi je ne m’arrête jamais. C’est marrant j’avais un chien qui ne voulait pas sortir par temps de pluie parce qu’il agissait par mimétisme vis à vis de son maitre ! Depuis, il a changé d’avis. 

C’est un métier assez solitaire aussi. Il y a des promeneurs en forêt avec qui j’ai créé des liens. Je fais mes balades plutôt solo. Certains fonctionnent à 2 ou 3. Je pense qu’il faut savoir être seul avec ses chiens et bien les gérer. Côté sécurité, on sait qu’on est sur les mêmes créneaux, donc on peut s’appeler et s’entraider s’il y a un problème. Je croise quand même quelques humains pendant la journée (rires!) 


Et pour terminer, as-tu d’autres projets que tu aimerais partager ici ?

J’ai toujours envie de me former, en cours du soir par exemple. Il y a des formations complémentaires qui sont intéressantes. Je veux continuer à apprendre. J’ai certainement pas envie de me reposer sur mes acquis ! 


Contacter Clémentine Poupat

Sur instagram

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